L’entraînement
Le gymnase est encore à moitié plein quand Samuel pose son sac sur le banc. Les U23 finissent leur étirement, dispersées sur la moitié de terrain qu’on leur laisse. Néon qui grésille au-dessus du panier ouest. Caoutchouc chauffé, résine étalée sur les chevilles. C’est dans ce flottement qu’il aime arriver — juste avant que la salle se vide et que ses joueuses prennent le parquet.
Il sort son carnet, déplie le planning, jette un œil à la pendule. Dix-neuf heures pile. Elles seront en retard de cinq minutes, comme toujours.
Marie arrive la première. Grande, longiligne, le sac de sport en bandoulière qui lui barre la poitrine. Elle porte un legging noir et un sweat trop large qu’elle retire avant même de s’asseoir. Dessous, le maillot de l’équipe, déjà en place. Cheveux bruns en queue de cheval haute, peau claire, pas de maquillage. Elle salue d’un signe de tête et évite son regard. Elle ne le regarde jamais longtemps. Mais quand elle se baisse pour défaire ses lacets, le maillot tombe en avant et Samuel voit, par l’ouverture, la naissance des petits seins fermes maintenus dans la brassière noire, et la trace de sueur déjà sèche entre les omoplates de la veille.
Sarah entre deux minutes plus tard. Plus petite, plus large dans les hanches, formes compactes que la peau tend dans son legging. Blonde, cheveux mi-longs déjà attachés en queue de cheval. Veste de survêtement ouverte et, dessous, une brassière blanche qui descend juste sous la poitrine. On voit le creux entre les seins, lourds, ronds, qui débordent du tissu sur les côtés. Ventre plat-rond. Elle traverse le gymnase comme une fille qui sait qu’on la regarde.
— Coach.
Elle pose la main une seconde sur l’épaule de Samuel en passant, sans s’arrêter. Il sent la chaleur du dehors, encore, dans sa paume.
Il pense : Celle-là, elle ne s’en cache même plus.
Échauffement, deux files. Allers-retours d’un panier à l’autre, layups en alternance. Samuel se met sur le côté, sifflet entre les dents, pour corriger les appuis. C’est là qu’il commence à voir.
Sarah a un short large de jeu, qu’elle a roulé deux fois à la ceinture — la coupe remonte au-dessus de la mi-cuisse, le tissu remonte sur le ventre et descend juste à la naissance du pubis. À chaque foulée, le bord arrière s’enfonce dans sa raie et disparaît. Et devant, le tissu remonté se plaque, tendu sec sur le pubis ; on devine la forme du mont, la rondeur basse, la ligne verticale qui fend le milieu. Quand elle se baisse en bout de course pour récupérer la balle, mains aux genoux, le short se tend encore et le pli du tissu se loge entre les lèvres. Elle se relève sans rajuster. Elle sait qu’il regarde.
Marie, elle, ne joue pas en short large. Marie joue en mini-short. Un truc moulant, noir, qui s’arrête à mi-fesse. Coupe collante de cycliste, mais plus court. Quand elle court, le tissu se froisse et s’enfonce dans le sillon entre les fesses, et reste pris là. De derrière, on voit la moitié basse des fesses nue, peau claire, et le tissu disparu dans la raie. Devant, c’est pire. Le moulant remonte aussi sur le pubis épilé et se tend en accordéon entre les cuisses ; à mi-course, le pli central s’engage entre les lèvres et dessine la fente. La forme est nette, simple, exposée. Samuel détourne les yeux deux fois, et deux fois ils reviennent tout seuls.
Il pense : Le coton lui rentre tellement dedans qu’elle doit le sentir glisser à chaque pas. Et elle le laisse.
Il siffle, change d’exercice.
— Défense rapprochée. Marie, Sarah, en face.
Les deux filles se placent au milieu du terrain, l’une contre l’autre. Samuel reste à trois mètres, balle entre les mains, et leur lance. Marie attaque, Sarah défend. Sarah se colle. Hanche contre cuisse, main posée dans le bas du dos, tétons — Samuel les voit à travers la brassière humide — qui pointent dur sous le tissu blanc. Marie essaie de la fixer dans les yeux, n’y arrive pas, baisse le regard, dribble bas, mouille la main de sueur. L’odeur du gymnase change : plastique chaud, savon d’avant la séance, et quelque chose en plus qui vient des deux corps trop près l’un de l’autre.
Marie marque enfin, après un changement d’appui qu’il lui a appris en mars. Elle se redresse, essoufflée, attrape le bas du maillot et le remonte sur son visage pour essuyer la sueur. Le geste dure une seconde de trop. Le ventre plat, le creux des hanches, le V des abdominaux qui descend sous la ceinture du mini-short, et tout en haut, l’élastique blanc de la culotte de sport qui dépasse d’un centimètre. Sarah s’approche, fait mine de la féliciter, lui passe la main dans le dos — bas, très bas, presque sur la fesse nue qui sort du short. Marie sursaute, rit nerveusement, se dégage. Sarah tourne la tête vers Samuel et sourit. Pas un sourire de joueuse à son coach. Un sourire à un homme.
— Tu nous fais le panier de la victoire, Coach ? Si tu veux nous départager.
Il fait non de la tête, calme.
— On joue à part.
Il pense : Si j’entre dans ce jeu, je suis cuit.
À vingt heures, il compte les présentes sur ses doigts. Sept joueuses ce soir. Trois absences. Pour finir sur un cinq-contre-cinq comme il l’a prévu, il en faut une de plus.
Il pose le sifflet sur le banc.
— Bon. Je rentre. Une mi-temps, et après c’est terminé.
Sarah relève la tête, et son sourire revient.
Il enlève sa polaire, retrousse les manches de son tee-shirt, et entre sur le parquet. Il est mis en défense en face de Marie, parce que c’est elle qui mène l’attaque. Marie ne le regarde toujours pas. Mais quand elle vient le chercher dos au panier, elle pose les fesses contre lui — la fesse nue, juste au-dessus du genou, parce qu’elle est plus grande que lui de quelques centimètres et qu’elle se baisse pour le sentir. Elle dribble bas, change de main. Samuel pose la main dans son dos, comme la règle l’autorise, paume à plat. Il sent la sueur qui coule entre les omoplates, l’élastique de la brassière, et plus bas, le creux des reins. Marie souffle, n’avance pas. Elle reste collée à lui plus longtemps que nécessaire.
Sarah, dans le coin opposé, joue en pivot pour aider à la sortie de balle. Elle se tourne, fait l’écran, se déplace pour libérer Marie — et chaque fois qu’elle bouge, c’est le cul devant Samuel. À un moment, elle vient poser le sien volontairement contre le sien, dos à dos, pour soi-disant le bloquer pendant que Marie passe. Il sent la chair pleine contre le bas de son dos. Elle s’attarde.
Il siffle plus vite qu’il ne devrait, raccourcit la possession, fait sortir la balle. Il joue six minutes en s’interdisant de regarder vers le bas. Six minutes pendant lesquelles l’érection monte quand même dans son short, et il prie pour que ça ne se voie pas trop. Quand il siffle la fin, il marche vite jusqu’au banc, attrape sa serviette, la noue autour de la taille comme un pagne.
Marie et Sarah restent sur le terrain pendant que les autres filent. Elles font durer la fin, tapent la balle deux ou trois fois, prennent le temps de boire au goulot, debout, la tête renversée. Samuel les regarde du coin de l’œil depuis le banc. Sarah finit sa gourde, s’essuie la bouche du dos de la main, et lance par-dessus le terrain :
— On y va, Marie. Faut qu’on se lave.
Marie acquiesce sans répondre. Elles ramassent leurs sacs et se dirigent vers les vestiaires des filles, à droite. Samuel récupère le sien et part à gauche, dans le couloir qui mène au sien — un petit vestiaire d’arbitres, où il est toujours seul.
Il pense : Tu rentres chez toi. Tu te douches vite. Tu rentres chez toi.
Il pousse la porte.
La demande
Le vestiaire des arbitres est petit, mais c’est un vestiaire d’arbitres : il a été pensé pour pouvoir y être plusieurs. Banc de bois vissé au mur de gauche, deux patères, un miroir piqué au-dessus d’un lavabo. Au fond, derrière une cloison basse qui ne ferme rien, la zone douche : carrelage blanc continu, quatre pommes en laiton fixées aux murs latéraux, deux d’un côté, deux en face — pas de séparations, pas de rideaux. Les arbitres se savonnent à plusieurs quand ils sont à plusieurs ; le plus souvent, Samuel y est seul. Néon froid au plafond. Odeur de javel, fond de transpiration ancienne dans la moquette des bancs, et dehors, par la grille d’aération, le grondement sourd des chauffe-eau du gymnase.
Samuel pose son sac, accroche la serviette à la patère, dénoue le pagne improvisé. Il garde la serviette de bain pliée à côté du lavabo. L’érection est tombée — pas tout à fait, encore un peu lourde dans le short, mais elle est tombée. Il se passe la main dans la nuque, expire. Six minutes. Six minutes à compter les passes en s’interdisant le bas du terrain. C’était long.
Il s’assoit sur le banc, défait ses lacets, fait glisser ses chaussures. Le tee-shirt sort par-dessus la tête. Torse nu, peau encore chaude, poils mouillés sur la poitrine, il se redresse pour faire glisser le short. Le boxer. Il les pose en boule sur le banc, attrape la serviette propre, la noue autour de la taille pour traverser les deux mètres jusqu’à la zone douche.
C’est à ce moment-là qu’on toque.
Trois petits coups, secs, sur le métal de la porte. Pas la frappe d’un collègue. Plus haut sur le battant, plus léger.
Il s’immobilise. Il pense : Personne ne vient ici.
— Coach ?
La voix de Sarah, étouffée par la porte. Et derrière, un rire qu’il reconnaît — celui de Marie, plus aigu, presque gêné.
Il resserre la serviette autour des hanches, fait deux pas, entrouvre la porte de dix centimètres.
Elles sont là, toutes les deux, dans le couloir. En serviette. Sarah devant, drap de bain blanc remonté très haut sous les bras, juste au-dessus de la poitrine — la serviette s’arrête à mi-cuisse, et on voit que dessous il n’y a plus rien. Cheveux dénoués, mouillés sur les épaules. Marie derrière, plus grande, sa serviette à elle nouée sous les aisselles aussi, mais qui descend plus bas, jusqu’aux genoux. Elle tient ses affaires roulées en boule contre son ventre, comme un bouclier.
— On a un problème, dit Sarah.
Elle parle bas, sans agressivité, comme on s’excuse d’un dérangement. Mais le sourire est là, accroché au coin de la bouche.
— L’eau chaude est en panne dans le nôtre. On a vérifié les deux pommes. C’est froid glacial.
Marie hoche la tête derrière elle, regarde le sol carrelé.
— On peut prendre la tienne ? Juste cinq minutes.
Samuel garde la porte à dix centimètres. Il sent l’air froid du couloir sur son torse mouillé.
— Allez voir le gardien. Il a la clé du local technique, il vous ouvrira un autre vestiaire.
— Il est parti. On a regardé. La loge est fermée.
Court silence. Sarah penche un peu la tête.
— On gèle, Coach.
Il pense : Refuse. Dis-leur de rentrer chez elles douchées plus tard. C’est une demande qui n’a pas de réponse propre.
— Je finis vite, dit-il. Vous passez après moi. Je vous laisse la place, je file me changer dans le couloir.
Sarah a une moue qui n’est pas une moue de déception. C’est une moue qui prend acte.
— Cinq minutes pour toi, cinq minutes chacune, on y est encore dans une demi-heure. Et puis…
Elle hausse les épaules. La serviette glisse d’un demi-centimètre sur la poitrine, elle la rattrape sans regarder, du dos de la main.
— On s’en fout, nous, que tu nous voies à poil. Tu nous as vues toute la saison en short.
Elle dit ça d’un ton léger, comme une évidence. Marie ne dit rien. Marie fixe maintenant un point sur la cloison, un peu au-dessus de l’épaule de Samuel.
Il pense : Marie n’est pas d’accord. Marie est terrorisée. Ou elle veut, et c’est pire.
Il pourrait fermer la porte. Il sait qu’il pourrait fermer la porte. Il en a le droit, et personne, dans aucun bureau de fédération, ne lui reprocherait rien. Il sent, malgré lui, que la fermer maintenant serait bête, et que bête est un mot qu’il n’a pas envie de mériter ce soir.
— D’accord, dit-il.
Il s’écarte, ouvre la porte plus largement.
— Mais on s’organise. Je passe sous l’eau le premier, je reste face au mur. Vous vous déshabillez derrière moi. Quand je sors, je me retourne pas, je prends ma serviette, je sors dans le couloir. Vous fermez la porte derrière moi.
Sarah passe devant lui, l’épaule frôle son bras nu. Elle sent le savon d’avant l’entraînement et la sueur du match, mêlés. Marie suit, tête baissée, et pour passer la porte étroite il faut qu’elle se tourne de profil — la serviette s’écarte une seconde sur la cuisse, peau claire, pas de marque, et Samuel détourne les yeux trop vite.
Il referme la porte derrière elles. Il pense : Tu fais exactement ce qu’il ne fallait pas faire.
Il va dans la zone douche sans les regarder, accroche sa serviette à la patère sur la cloison, et choisit la pomme la plus à droite du mur de droite — la plus reculée, celle qui regarde vers le fond. Il ouvre l’eau chaude à fond, règle, dos au vestiaire, face au carrelage. La vapeur monte vite. Il entend, derrière lui, le froissement des serviettes qu’on défait, le bruit mat d’une boule de tissu posée sur le banc, et la voix de Sarah qui dit à Marie, à mi-voix :
— Ferme la porte au verrou. On sait jamais.
Le verrou claque.
Samuel ferme les yeux sous l’eau. Il pense : Reste face au mur. Tu as dit face au mur.
Il tient trente secondes.
Le miroir au-dessus du lavabo est à sa droite, légèrement en biais. De là où il est, sous le jet, en tournant juste la tête de quelques centimètres comme pour faire couler l’eau dans la nuque, il voit la pièce derrière lui dans la glace piquée. Floue, fragmentée par les taches d’argenture, mais lisible.
Sarah est de dos, tournée vers le banc. Elle laisse glisser la serviette de ses épaules, lentement, comme on fait quand on n’est pas pressée. Il la voit à mi-corps : la chute des reins, les fossettes au-dessus des fesses, la masse pleine et basse qui se dessine quand elle se penche pour ramasser quelque chose au sol. Elle est restée en short et en culotte sous la serviette. Elle commence par le short — l’élastique descend sous les fesses, se prend une seconde dans le pli, se libère, tombe aux pieds. Elle l’enjambe. Reste la culotte. Coton blanc. Coupe haute, échancrée à la jambe, sage. Elle glisse les pouces dans l’élastique des hanches, et au lieu de tirer droit vers le bas, elle se penche en avant — le buste descend, les fesses ressortent, et elle fait glisser la culotte le long des cuisses comme ça, courbée. La position dure deux secondes.
Samuel voit tout. Les fesses pleines, charnues, séparées d’elles-mêmes par le mouvement. La fente naturelle au milieu, ombre verticale, taillée court, avec un peu de poil blond qui dépasse en bas. Le sillon plus haut, l’anus brun rosé qui apparaît une seconde dans l’écartement, puis se referme quand elle se redresse. Elle dépose la culotte sur le banc, dessus, posée à plat, comme on pose un objet qu’on veut retrouver.
Il pense : Elle l’a fait exprès. Elle sait que je peux voir dans le miroir. Elle sait depuis le début.
Marie, elle, a attendu que Sarah ait fini. Maintenant elle s’y met, plus vite, plus pudique, légèrement tournée vers le mur du fond pour offrir le moins possible. Mais elle est plus grande, et le mur est court — Samuel la voit aussi. Elle baisse le legging d’abord, en le retournant sur lui-même par les chevilles, pliée en deux. Petites fesses fermes, plus hautes que celles de Sarah, plus rondes que larges. La culotte de sport noire, échancrée, suit le legging — elle l’attrape ensemble pour gagner du temps, ne pas multiplier les gestes. Pendant la seconde où elle est pliée, Samuel voit la fente entièrement épilée, lisse, fermée, et juste au-dessus, l’anus rose pâle, plus petit que celui de Sarah, plus serré. Marie se redresse vite, croise les bras une fraction de seconde sur le ventre, comme pour se cacher, puis laisse retomber les bras en se rappelant qu’elle est censée être à l’aise. Elle range ses affaires en boule à côté de celles de Sarah, sans les poser dessus.
Samuel tourne la tête vers le mur. Trop tard.
Il a vu, et le corps en a déjà tiré ses conclusions sans lui demander. Sous l’eau chaude qui tombe sur la nuque, il sent un poids qui revient en bas, lent, qui s’installe contre la cuisse. Pas l’érection franche du match — un début, plus traître, qui pousse de l’intérieur sans bruit, qui prend son temps. Il regarde son sexe à demi dressé contre la cuisse mouillée et il sait que dans deux minutes il sera franchement bandé, et qu’il n’y a rien dans cette zone douche pour le cacher.
Il pense : La culotte de Sarah, là-bas sur le banc, posée à plat. La trace au milieu, je la vois d’ici sans la voir. Coton blanc, c’est ce qui se voit le plus.
Il rouvre l’eau plus fort, comme si ça pouvait laver autre chose que la peau. Derrière lui, dans le vestiaire, les voix s’organisent à mi-voix. Marie qui demande où poser sa serviette. Sarah qui rit. Puis, sans transition, deux paires de pieds nus qui passent la cloison basse et entrent dans la zone douche.
— On vient, Coach, dit Sarah, calme. Tu finis de te savonner, on s’installe.
Il ne se retourne pas. Il prend le savon, le fait tourner entre ses paumes, et regarde le mur en face de lui. Le carrelage est blanc, jointoyé gris. Il compte les carreaux. Il en est à douze quand l’eau du mur d’en face s’ouvre — un jet qui démarre seul, à trois mètres dans son dos, sur la pomme exactement en face de la sienne. Puis une deuxième pomme s’ouvre, à côté de la première.
Il pense : Elles se sont mises toutes les deux en face. Pile dans mon dos. Je ne peux pas leur tourner le dos plus que ça.
Sous la même eau
La zone douche est petite. Faite pour quatre arbitres qui se savonnent en parallèle après un match, pas pour trois corps qui ont d’autres idées. Quand les deux pommes en face s’ouvrent en même temps, l’air change tout de suite — la vapeur prend une autre densité, plus chaude, plus humide, et porte une odeur que Samuel reconnaît même sans la nommer. Sueur de match qui n’a pas été lavée. Cuir des chaussures retirées. Et plus bas, plus discrètement, l’odeur de deux filles qui ont couru deux heures dans des shorts trop serrés.
Il garde la tête baissée vers le carrelage. Il entend l’eau frapper deux corps à trois mètres dans son dos, et la voix de Sarah qui parle à Marie à mi-voix — quelque chose sur la température, sur le shampoing, des phrases banales qui n’ont rien à faire avec ce qui se passe en réalité. Il pense : elles savonnent. Elles ne traversent pas la pièce. Pour l’instant.
Elles tiennent une minute.
C’est Sarah qui bouge la première. Pas grand-chose — deux pieds nus sur le carrelage humide, le bruit feutré du contournement, et elle traverse la zone douche dans le sens court. Trois mètres. Elle vient se placer juste derrière Samuel, à un mètre, puis cinquante centimètres, puis trente. Lui face au mur, elle face à son dos.
Elle ne dit rien tout de suite. Elle se met sous son jet à lui, à la moitié, juste assez pour récupérer l’eau qui ricoche au passage. Une partie du jet rebondit sur l’épaule de Sarah et vient frapper le côté gauche du torse de Samuel, plus fort qu’avant. Quelques gouttes plus chaudes parce qu’elles ont touché de la peau avant lui.
— Pardon, dit-elle, je te prends de l’eau.
Elle ne s’écarte pas. Elle reste là, dans son dos, et lève les bras pour mouiller ses cheveux. Le geste lève la poitrine. Samuel le voit du coin de l’œil — il ne tourne pas la tête, mais l’épaule de Sarah dépasse à droite de la sienne, le sein qui suit, le bout du sein qui durcit dans le froid de l’air, et l’eau qui dévale en une ligne brillante et descend vers le ventre.
Il pense : Elle a traversé toute la pièce pour venir là. Et elle ne s’en cache plus.
Marie n’a pas suivi. Elle est restée sous sa pomme en face, dos à eux, et continue de se savonner les épaules avec une lenteur appliquée. Samuel l’entend respirer. La respiration courte de quelqu’un qui sait que sa complice est en train de faire ce qu’elles avaient prévu.
Sarah tourne le visage vers lui. Pas d’agressivité, juste une question posée tranquillement :
— T’as le savon ?
Il l’a. Il l’a dans la main, glissant, mousseux. Il aurait pu lui tendre. Il aurait dû lui tendre.
— Oui.
Il ne le tend pas. Il fait celui qui finit son geste, qui se savonne le bras. Sarah attend deux secondes, voit qu’il ne lui donne pas, sourit — ça, il le sent dans sa voix sans le voir — et se penche.
Elle se penche pour passer derrière lui, comme s’il y avait un autre chemin que celui-là. Pour aller chercher le savon dans sa main droite, elle passe son corps entier dans son dos. Un demi-tour. Et ce demi-tour, elle le fait lentement, en frottant. Elle frotte le sein gauche d’abord contre l’omoplate de Samuel — chair pleine, pointe dure, qui glisse sur la peau mouillée. Puis le ventre tiède contre les reins. Puis, en fin de course, le pubis. Le pubis taillé court, mouillé, qui rencontre la chute de ses reins et qui s’attarde une seconde de trop.
Il pense : Elle vient de me poser sa chatte sur le bas du dos.
Elle prend le savon dans sa main à lui, ferme les doigts dessus en passant. Elle ne se redresse pas tout de suite. Elle reste là, contre lui, et dit, très bas :
— Tu n’es pas obligé de regarder le mur tout le temps, Coach.
Il ne répond pas. Il sent qu’il bande. Il bande franchement, maintenant, et il n’y a rien dans cette zone douche ouverte pour cacher ce qui dépasse contre la cuisse.
Sarah s’écarte enfin. Elle ne retraverse pas, ne retourne pas en face. Elle prend la pomme libre à côté de celle de Samuel — la seconde pomme du même mur, à un mètre, sur sa gauche. Elle ouvre l’eau, et commence à se savonner la poitrine sans pudeur, en cercles larges, en remontant la mousse vers les épaules. Elle passe entre les seins, sous les seins, et descend.
— Marie. Tu nous rejoins ou tu nous regardes de loin ?
En face, Marie hésite. Elle est tournée maintenant — elle a fini par se retourner, dos contre le carrelage du mur opposé, le filet d’eau de sa pomme qui ruisselle sur les épaules. Elle regarde la scène à trois mètres : son coach face au mur en train de bander, sa copine à un mètre de lui en train de se savonner sans pudeur. Elle pose le savon. Elle ferme son eau. Et elle traverse la zone douche, pieds nus mouillés, lentement.
Elle ne va pas sous la dernière pomme libre. Elle vient s’arrêter en plein milieu de la zone douche, à trente centimètres devant Samuel — sans rien au-dessus de la tête. Le jet de la pomme de Samuel l’effleure dans le dos par éclaboussures. Elle est plus grande que lui, elle penche la tête en avant pour récupérer un peu d’eau dans les cheveux, et dans ce mouvement les petits seins fermes se redressent, les tétons clairs, presque roses, durcis par l’air plus froid qu’elle a traversé. Le ventre plat. Le V des hanches qui descend vers le pubis lisse. Cuisses longues, légèrement écartées par le pas.
Elle ne se cache plus. Elle n’a pas décidé de ne plus se cacher — ses mains sont juste retombées le long du corps, sans qu’elle s’en rende compte, parce que tenir les mains sur le ventre comme une nageuse débutante était devenu ridicule.
Samuel et Marie se regardent une seconde. Vraiment. C’est la première fois de la soirée qu’elle le regarde dans les yeux. Et dans ces yeux-là, il ne lit pas la peur qu’il avait imaginée tout à l’heure dans le couloir. Il lit autre chose. Une question. Quelque chose qui ressemble à : qu’est-ce qu’on fait.
Il pense : Elle attend que quelqu’un décide pour elle. Et ce ne sera pas moi.
Sarah décide.
Elle est passée derrière Samuel à nouveau, sans prétexte cette fois, juste parce qu’elle voulait. Elle est dans son dos, et il sent les deux mains de Sarah se poser sur ses hanches. Pas un effleurement. Une prise. Paumes ouvertes, doigts qui s’étalent sur l’os, pouces qui se rejoignent dans le creux des reins. Elle a la peau chaude. Plus chaude que l’eau.
— Tu as une belle érection, Coach, dit-elle dans son oreille. Ça aurait été bête de la cacher cinq minutes de plus.
Il ne répond pas. Il a la mâchoire serrée. Il sent les seins de Sarah écrasés contre son dos, les pointes dures qui marquent deux points précis entre les omoplates, le ventre, et plus bas, le pubis qui revient se loger dans le sillon de ses fesses et qui y reste, cette fois.
Une des mains de Sarah glisse. De la hanche, elle descend, contourne la cuisse par-devant, remonte par l’intérieur. Elle prend Samuel en main d’un geste calme, sans hésitation, comme on saisit un manche d’outil qu’on a déjà tenu. Doigts longs, paume tiède, mousse de savon qui crisse légèrement sur la peau tendue.
Il a un petit son qui sort malgré lui, à peine un souffle, et il sait que Marie l’a entendu. Marie qui n’a pas bougé. Marie qui regarde, debout à trente centimètres en face, la main de Sarah refermée sur la queue de son coach.
Sarah commence à le branler lentement. Pas vite. Une cadence longue, montée depuis la base, paume qui passe sur le gland en haut, redescend en torsion légère. Elle a appris ça quelque part, et bien.
— Marie, dit-elle sans tourner la tête. Tu viens.
Marie ne bouge pas tout de suite.
— Marie. Viens.
Marie avance d’un pas. Puis d’un autre. Elle est maintenant face à Samuel, à trente centimètres. Sarah est dans son dos, lui en main. Marie a les bras le long du corps, la bouche entrouverte, et elle respire vite. Samuel sent l’eau qui ruisselle entre eux trois, le savon qui glisse, l’odeur des cheveux mouillés de Marie — shampoing fruité, pas cher, lycéen — et derrière, plus puissante, l’odeur de Sarah qui colle à son dos.
Sarah, par-dessus l’épaule de Samuel, parle à Marie d’une voix posée :
— Touche-le.
Marie hésite. Elle lève la main droite, doucement, et la pose à plat sur le pectoral de Samuel. Petite main fine, longs doigts. Elle laisse là deux secondes, puis descend. Le ventre. La hanche. Et plus bas, sans regarder ce qu’elle fait — elle regarde le visage de Samuel — elle vient déposer la main à côté de celle de Sarah, sur la queue, pas dessus. Juste à côté. Comme pour apprendre la place.
Sarah retire sa main. Cède la sienne.
— Vas-y. Pareil que ce que je te montre depuis trois mois sur le tien.
Marie referme les doigts. Sa main est plus froide que celle de Sarah. Plus serrée aussi, plus appliquée. Elle remonte une fois, redescend, regarde Samuel pour vérifier qu’elle ne fait pas de bêtise. Samuel ferme les yeux une seconde, les rouvre. Il pense : Si je dis quelque chose maintenant, je casse tout. Si je ne dis rien, je suis dedans jusqu’au cou.
Il ne dit rien.
Sarah, libérée de la main, en profite. Elle continue de coller son corps contre son dos, mais sa main droite à elle change de direction. Elle remonte le long du flanc, passe sous le bras, vient chercher l’épaule de Marie de l’autre côté, par-dessus celle de Samuel. Elle attire Marie d’un cran. Marie s’avance — la pointe des seins effleure la poitrine de Samuel, puis se pose. Petits seins fermes contre torse mouillé, deux pointes dures qui appuient. Marie a un frisson. Elle continue de le branler quand même, plus lentement, comme si elle n’arrivait plus à coordonner.
Sarah passe la tête à côté de celle de Samuel et embrasse Marie sur la bouche, par-dessus son épaule. Samuel voit la langue de Sarah entrer dans la bouche de Marie à dix centimètres de son visage. Marie répond. Elles s’embrassent longuement, profondément, mouillées. Marie a un petit gémissement dans la bouche de Sarah.
Et pendant qu’elle embrasse, Sarah, en bas, attrape la main de Samuel, la sienne à lui qui pendait inutile le long du corps, et la pose. Elle la pose entre les cuisses de Marie.
Marie écarte les jambes d’un demi-pas, sans cesser d’embrasser Sarah. Samuel sent, sous ses doigts, la chaleur d’abord, et puis tout le reste : la peau lisse, complètement épilée, le pli des grandes lèvres qui s’écarte facilement, et au milieu, glissant, qui n’a rien à voir avec l’eau qui leur tombe dessus, plus épais, plus gras, déjà coulé jusqu’au haut des cuisses.
Marie est trempée à l’intérieur. Elle l’était sans doute avant même d’arriver à la douche.
Il pense : Elle mouillait pendant le match. Elle mouillait quand je posais la main dans son dos. Elle mouillait dans le couloir tout à l’heure et elle me demandait gentiment de partager la douche.
Sarah décolle sa bouche de celle de Marie, juste de quelques centimètres, et dit, à voix très basse, à Samuel :
— Tu sens, hein, comment elle est ? C’est pour toi qu’elle est comme ça depuis ce matin.
Marie a les yeux fermés. Elle se laisse aller contre le torse de Samuel, la main toujours refermée sur lui, et elle bouge le bassin doucement contre les doigts de Samuel pour qu’il en mette deux. Il en met deux. Elle s’ouvre. Le pouce trouve tout seul le clitoris, dur, sorti, plus haut qu’il ne l’aurait cru.
Sarah recule d’un pas. Elle laisse Samuel seul avec Marie pendant trois secondes — Marie qui se branle contre sa main pendant qu’elle le branle lui — et elle, Sarah, en profite pour traverser la cloison basse et attraper, sur le banc dans le vestiaire, la culotte coton blanc qu’elle avait posée à plat tout à l’heure.
Elle revient sous la pluie, la culotte à la main. Elle la tend à Samuel.
— Sens.
Il regarde la culotte. Il regarde Sarah. Il regarde la culotte.
Il pense : Je ne fais pas ça. Pas devant elles. Pas devant des gamines de vingt-trois ans qui sont mes joueuses. Je ne fais pas ça.
Il prend la culotte. Il la porte à son visage. Il la presse sur sa bouche et son nez.
L’odeur le frappe — coton tiède, sueur de la course, et au milieu, l’odeur précise, intime, salée et un peu acide, d’une jeune fille qui a joué deux heures sans culotte propre. Il inspire à fond, deux fois.
Sarah le regarde faire. Elle ne sourit même plus. Elle a un autre visage maintenant. Plus dur, plus concentré.
— C’est ça que t’aimes, Coach. On savait.
Elle pose la main sur l’épaule de Marie, appuie doucement, et fait descendre Marie. Marie s’agenouille sur le carrelage de la zone douche, sous le jet, sans lâcher Samuel. Elle lève les yeux. Elle a la bouche ouverte avant même que Sarah ait dit le mot.
Sarah le dit quand même.
— Suce.
À genoux
Marie obéit sans rien dire. Pas de regard de défi vers Samuel, pas de coup d’œil de connivence vers Sarah. Elle ouvre la bouche un peu plus, se penche en avant, prend Samuel entre ses lèvres jusqu’à mi-longueur, ferme les yeux. Premier passage doux, presque scolaire — la langue qui tâte le dessous, les lèvres qui se referment, et un mouvement de tête lent, hésitant, pour repartir vers le gland.
Samuel a la culotte coton blanc encore plaquée contre le bas du visage. Il l’a oubliée là. Il respire à travers le tissu et il regarde Marie le sucer, ses cheveux bruns mouillés qui collent à ses joues, l’angle des cils baissés, le filet d’eau qui descend de sa nuque entre les seins, glisse sur le ventre, va se perdre dans le pli de ses cuisses serrées sous elle.
Il pense : Si je laisse faire dix secondes de plus, je jouis dans sa bouche tout de suite et c’est fini.
Il décolle la culotte de son visage, la plie maladroitement entre deux doigts, la garde dans la main. Il pose l’autre main sur la tempe de Marie. Pas pour la guider. Juste pour la toucher, pour qu’elle sache qu’il est là.
Sarah, debout derrière Marie, regarde. Elle n’intervient pas tout de suite. Elle laisse Marie cinq, dix passages — assez pour que Marie trouve un rythme, perde la peur du premier geste. Puis elle se met à genoux à côté d’elle.
Le carrelage est dur, mouillé, l’eau ricoche sur leurs cuisses. Sarah a les seins qui pendent en avant, lourds, gouttelants. Elle prend les cheveux de Marie d’une main, doucement, les rassemble en queue de cheval improvisée à l’arrière du crâne. Un geste de fille pour fille, presque maternel. Mais elle resserre la prise.
— Plus profond, Marie. T’as pas peur.
Elle pousse la tête de Marie en avant, juste un peu. Marie suit, ouvre plus grand, Samuel sent le fond de la gorge buter contre le gland. Marie hoquette, recule de deux centimètres, recommence. À la troisième tentative, elle passe. Le gland glisse dans la gorge. Marie tient deux secondes, ressort en toussant, un filet de salive épaisse qui pend de sa lèvre inférieure jusqu’à la queue, et le rire de Sarah qui sort, bref :
— Voilà. T’es douée.
Marie sourit, essoufflée, fière. Elle replonge.
Sarah lâche les cheveux de Marie. Elle approche le visage. Elle ne suce pas Samuel — pas encore. Elle pose la joue contre la queue, le côté de la mâchoire, et fait glisser sa peau de haut en bas pendant que Marie continue de pomper, lèvres serrées sur le gland. Son visage à elle, à Sarah, frotte le côté, pendant que Marie traite le devant. Samuel sent les deux peaux, la chaude et la mouillée, et la queue qui passe d’une bouche à l’autre quand Sarah finit par tourner la tête et la prendre à son tour.
Sarah suce autrement. Plus profond tout de suite. Plus brutal. Elle descend jusqu’à la base, garde le nez plaqué contre le pubis de Samuel deux secondes, ressort, aspire en remontant, et recrache un peu de salive sur le gland avant de redonner la queue à Marie comme on passe un objet.
— Tiens. Tu apprends comme ça.
Marie reprend. Elle essaie d’imiter. Elle descend plus loin que tout à l’heure. Elle bave. Samuel a la base mouillée, les couilles mouillées d’une matière qui n’est pas que de l’eau, plus collante, plus chaude. Le pli des cuisses dégouline.
Il pense : Elles se la passent comme un goulot. Et je n’arrive plus à me dire que c’est mes joueuses.
Sarah remonte sur ses genoux. Elle est plus petite que Marie, elle arrive juste à hauteur du nombril de Samuel, dans cette position. Elle pose la main à plat sur le ventre de Samuel, paume ouverte, comme pour le marquer. L’autre main descend entre ses propres cuisses. Samuel le voit du dessus — il voit la main de Sarah disparaître entre ses cuisses ouvertes, deux doigts qui trouvent la fente, qui s’enfoncent sans préliminaire. Elle se branle comme une femme qui a l’habitude. Vite, sec, le poignet qui tourne. Pendant qu’elle regarde Marie sucer son coach.
Marie, en bas, lâche une seconde la queue pour respirer. Elle a la bouche rouge, gonflée. Elle lève les yeux vers Samuel.
— Je veux bien que tu… que tu m’aides.
— T’aider à quoi, dit Sarah.
— À jouir.
Sarah a un petit rire dans la gorge.
— Couche-toi.
Marie se laisse aller en arrière, fesses sur les talons d’abord, puis dos contre le carrelage du mur opposé. Elle écarte les cuisses sans qu’on le lui demande. La fente épilée s’ouvre, lisse, rose, déjà luisante d’autre chose que d’eau. Le clitoris est sorti, dur, gonflé. Elle remonte les genoux d’elle-même, mains posées sur les cuisses, ouvertes en grand.
Samuel reste debout. Il pense : Si je m’agenouille, je ne me relève pas avant longtemps.
Il s’agenouille.
Il pose la culotte coton blanc à côté de la cuisse de Marie, sur le carrelage, à portée de main — il ne sait pas pourquoi il fait ça, mais il sait qu’il en aura besoin. Puis il se penche. Il sent l’odeur de Marie de tout près maintenant, plus discrète que celle de Sarah, plus jeune, plus douce, presque sucrée. Il pose la bouche entre les cuisses, large, ouverte, et descend la langue sur toute la longueur de la fente, du périnée jusqu’au clitoris, lentement.
Marie a un cri court. Elle plaque la main sur sa propre bouche.
— Enlève la main, dit Sarah au-dessus d’eux. Personne nous entend. Et puis si on t’entend, on t’entend.
Marie laisse retomber la main. Le deuxième passage de langue, elle le crie.
Samuel installe un rythme. Il connaît ça. Plat de la langue large sur la fente, pointe qui remonte chercher le clitoris en haut, deux secondes dessus, trois secondes, et redescend. Il glisse deux doigts en même temps, à l’intérieur, et trouve la paroi rugueuse qu’il faut chercher. Marie a le bas du dos qui se cambre tout de suite. Elle est au seuil depuis la première caresse.
Sarah s’est levée. Elle est debout au-dessus d’eux. Samuel sent une main dans ses cheveux à lui — pas pour le guider, juste pour le tenir. Et il sent l’odeur de Sarah, plus forte encore qu’avant, qui descend dans la vapeur.
Sarah enjambe Marie. Elle se met à califourchon sur le visage de Marie, accroupie, genoux pliés, fente écartée juste au-dessus de la bouche de la fille. Elle se tient à la cloison d’une main, de l’autre elle continue de tenir la nuque de Samuel pour qu’il ne lâche pas Marie en bas.
— Tu lèches, en haut. Toi en bas. On y va ensemble.
Marie ouvre la bouche. Sarah descend. La chatte de Sarah s’écrase sur la bouche de Marie, lèvres contre lèvres, et Marie commence à lécher tout de suite, en aveugle, parce qu’elle ne voit plus rien — elle a le visage entièrement couvert.
Samuel relève les yeux pour regarder. Il voit la chatte de Sarah ouverte de tout près, juste au-dessus de la fente lisse de Marie qu’il est en train de lécher lui. Deux fentes l’une au-dessus de l’autre. Sarah broute Marie par-dessous, Marie est broutée des deux côtés à la fois, et Samuel passe la langue plus haut, plus haut encore, jusqu’à atteindre, quand Sarah se penche en avant, la fente de Sarah elle-même. Il y goûte. Différent. Plus salé. Plus fort. Du poil court qui pique sur la langue.
Sarah a un grognement bas, content. Elle s’écrase plus fort.
— Voilà. Comme ça. Les deux.
Samuel passe d’une chatte à l’autre. Il en a une à chaque coup de langue. Il lèche Marie, remonte, lèche Sarah, redescend. Marie jouit la première — un cri étouffé contre la chatte de Sarah, un coup de bassin qui fait trembler tout le bas du corps, les cuisses qui se serrent un instant sur la tête de Samuel, et la main qui lui tient la nuque qui appuie plus fort. Sarah ne la laisse pas sortir de dessous. Elle reste assise sur le visage de Marie pendant que Marie jouit, et elle dit :
— Tu lâches pas. Tu continues.
Marie continue. Langue qui ne s’arrête pas. Sarah jouit trente secondes après, plus longuement, cuisses qui tremblent sur les côtés, main qui quitte la nuque de Samuel pour empoigner la cloison, hanches qui s’écrasent une fois, deux fois. Samuel reçoit une partie sur le menton, sur la lèvre, et l’avale sans réfléchir.
Sarah se redresse. Elle s’écarte. Marie reste allongée, le visage trempé, la bouche ouverte, les yeux mi-clos. Elle rit toute seule, doucement.
Sarah regarde Samuel. Elle est essoufflée, pas tant que ça, et elle a déjà retrouvé ce regard plus dur du début.
— Toi, t’as pas joui.
— Non.
— Tu vas pas jouir comme ça.
Elle se penche, attrape la culotte coton blanc posée sur le carrelage à côté de Marie, l’essore vaguement entre ses doigts, la jette sur l’épaule de Samuel.
— Garde-la. Tu en auras besoin tout à l’heure.
Elle ferme l’eau. Vapeur qui s’étale dans la pièce. Elle passe la cloison basse sans se rhabiller, sans se sécher, et marche pieds nus mouillés vers le banc.
— On bouge. Le banc est plus pratique.
Samuel reste à genoux une seconde de plus, le souffle court, la culotte tiède collée à l’épaule, la queue dure et luisante qui pointe dans la vapeur, et Marie qui reprend conscience par terre, qui le regarde, qui sourit.
Elle lui tend la main pour qu’il l’aide à se relever.
Il pense : C’est moi qui devrais demander de l’aide.
Il la prend quand même.
Le banc
Le vestiaire, après la zone douche, paraît immense et froid. Néon froid, carrelage froid, banc froid. Sarah est déjà passée devant le banc et s’est essuyée à la va-vite avec la première serviette qui traînait — celle de Samuel. Elle se l’est collée dans le dos, entre les omoplates, l’a fait descendre une fois sur les fesses, et l’a jetée par terre. Maintenant elle est debout au milieu du vestiaire, mouillée, pieds nus sur le carrelage, mèches blondes qui dégoulinent sur les seins.
Marie suit Samuel. Elle marche les genoux serrés, sa propre serviette tenue à hauteur de poitrine sans s’en couvrir. Elle a les cuisses qui brillent encore d’humidité — celle de la douche et l’autre, qu’elle ne s’est pas essuyée non plus.
Samuel passe devant le banc et s’arrête. Sur le banc, il y a la culotte coton blanc qu’il avait reposée tout à l’heure — Sarah la lui avait jetée à l’épaule sous la douche, il l’avait tenue serrée dans la main pendant qu’il aidait Marie à se relever, et l’avait laissée tomber là en sortant. Mouillée, plaquée. À côté, le legging noir et la culotte de sport de Marie en boule.
Il prend la culotte de Sarah.
Il ne la porte pas tout de suite à son visage. Il la tient ouverte, deux doigts dans chaque côté de l’élastique, et la regarde. La trace est visible dans le coton blanc, plus jaune au milieu, plus foncée en haut où les lèvres ont touché le tissu pendant deux heures de match. L’eau de la douche n’a pas tout enlevé. Elle a juste dilué.
Sarah le regarde faire. Elle ne dit rien. Elle a les bras croisés sous les seins, qui les lève, et un coin de bouche qui remonte d’un demi-millimètre.
Marie, derrière, regarde aussi. Elle a la bouche entrouverte. Une rougeur lui monte du sternum jusqu’aux pommettes, qui n’a rien à voir avec la chaleur de la douche. Elle voit son coach tenir une culotte sale entre les mains comme un homme qui sait exactement ce qu’il va en faire.
Samuel la retourne. Il met le tissu intérieur côté visage. Il la presse contre la bouche et le nez, comme tout à l’heure, mais cette fois il ne se cache plus. Il garde les yeux ouverts. Il fixe Sarah pendant qu’il respire. Une longue inspiration, deux. Le tissu sent la chatte de Sarah de plus près maintenant qu’il l’avait sentie sous l’eau — sans le jet pour la diluer, l’odeur est plus dense, plus précise, légèrement aigre, profondément intime. Il la garde dans le nez, descend la culotte au menton, sans la lâcher.
Il pense : Voilà. C’est dit. Il n’y a plus rien à cacher.
— Ça t’a manqué, Coach ? dit Sarah, à voix très basse.
— Oui.
Il l’a dit sans réfléchir. Il s’écoute le dire et il sait que c’est la première phrase du soir qu’il a dite sans calcul.
Sarah hoche la tête, comme si elle prenait note. Elle s’avance vers le banc, repousse les affaires de Marie d’un geste, attrape la serviette propre repliée sur la patère, l’étale en long sur le bois.
— Marie. Allonge-toi.
Marie obéit. Elle s’assoit d’abord sur le bord, hésitante, puis s’allonge tout à fait, dos contre la serviette, tête côté mur. Le banc est étroit — ses fesses débordent à peine, ses épaules tiennent juste, ses bras tombent de chaque côté. Elle a les genoux pliés, à demi remontés, jointifs.
Sarah fait un petit signe à Samuel.
— Vas-y. Comme tu sais faire. Mais cette fois, tu lui mets.
Samuel laisse tomber la culotte sur le banc, à côté de la tête de Marie — à portée. Il s’avance entre les cuisses de Marie. Elle écarte les genoux d’elle-même, sans qu’il ait à les pousser. La fente épilée s’ouvre, encore brillante, déjà recommencée à mouiller depuis le passage par le couloir. Le clitoris sort.
Il pose une main sur son ventre plat, juste au-dessus du pubis, et il se penche pour la regarder.
— Ça va ?
Elle hoche la tête. Petite voix.
— Oui, Coach.
Le mot le frappe. Coach, allongée comme ça sur le banc des arbitres, cuisses ouvertes, prête à le recevoir. Il manque une seconde de ne plus pouvoir le faire. Ça passe.
Il prend sa queue dans la main, glisse le gland le long de la fente, deux fois, trois fois. Marie a un petit son à chaque passage. Au troisième, il pousse. Il entre lentement, complètement. Elle est étroite, chaude, déjà trempée à l’intérieur — il ne rencontre presque pas de résistance, juste cette étroitesse jeune qui se referme autour de lui à chaque centimètre.
Marie a un long souffle qui sort. Elle ferme les yeux. Elle dit, très bas :
— Ah, voilà.
Samuel attend deux secondes une fois enfoncé, sans bouger. Le banc lui arrive à mi-cuisse — il est debout, jambes légèrement fléchies, parfaitement à hauteur. Il pose les deux mains sur le banc, de chaque côté des hanches de Marie, et commence à aller et venir. D’abord lentement. Marie suit le rythme avec le bassin, par petites secousses, comme une fille qui sait ce qu’elle fait sans en avoir l’air.
Sarah est passée derrière Samuel. Il la sent dans son dos — les seins contre ses omoplates, le ventre contre les reins, les mains qui descendent sur ses hanches, qui se posent dessus. Et puis, surprise — la bouche de Sarah qui se pose entre ses fesses, sur le bas du dos, et qui descend lentement. Elle suit la ligne de la colonne, vertèbre par vertèbre, jusqu’à arriver à la naissance du sillon. Elle écarte d’une main, et elle pose la langue.
Samuel a un sursaut qui le fait s’enfoncer plus fort dans Marie. Marie crie — un cri net, court, qui n’est pas de douleur. Elle relève la tête, voit ce qui se passe derrière son coach, voit Sarah agenouillée derrière lui qui le bouffe.
Marie ferme les yeux. Sa bouche reste ouverte.
Sarah continue. Elle prend son temps. Langue qui passe et repasse, qui s’enfonce, qui ressort, qui insiste sur un point précis. Samuel ne sait plus s’il pousse dans Marie ou s’il recule contre la bouche de Sarah. Le mouvement se fait tout seul. À chaque coup de bassin en avant, il s’enfonce dans la chatte de Marie ; à chaque retrait, il s’écarte pour mieux ouvrir, et la langue de Sarah passe.
Il pense : Elles ont tout préparé. Cette scène-là, elles l’ont jouée mille fois dans leur tête.
Le rythme monte. Marie, sous lui, commence à se cambrer plus franchement. Elle a attrapé ses propres seins à deux mains, les pince entre les pouces et les index, tire les pointes. Elle grogne. Elle a les yeux complètement ouverts maintenant, fixés sur le plafond grésillant, et elle parle toute seule à voix très basse, des syllabes que personne n’écoute.
Samuel pose une main sur le ventre de Marie, descend, pose le pouce sur le clitoris. Il connaît la pression. Il appuie juste, sans frotter, juste là. Marie tient quinze secondes. Au quinzième coup de reins, elle bascule.
Elle jouit en arquant tout le corps, talons qui glissent sur le banc, fesses qui décollent, la chatte qui se referme en spasmes très nets autour de la queue de Samuel. Samuel sent ça à l’intérieur — elle l’aspire et le repousse, plusieurs fois, et l’orgasme dure, dure plus longtemps que ce qu’il aurait cru possible chez une fille de son âge.
Quand elle retombe, elle a les larmes aux yeux. Elle rit en pleurant. Elle pose les deux mains sur son visage et dit, à travers les doigts :
— Putain, c’est pas vrai.
Samuel reste enfoncé en elle. Il bouge à peine, juste pour la garder dans la sensation. Il sent qu’il est lui aussi très près. Il pense : Si je reste dedans dix secondes de plus, je jouis dans elle, et c’est pas le plan.
Il se retire, doucement. Marie a un petit gémissement de manque, mais elle ne proteste pas. Elle ramène les genoux ensemble, sur le côté, comme une enfant qui s’endort. Elle a la cuisse intérieure qui brille, deux filets qui descendent vers le creux du genou.
Sarah, derrière, s’est relevée. Elle s’essuie la bouche du dos de la main, comme tout à l’heure quand elle finissait sa gourde au milieu du gymnase. Elle vient se placer à côté de Samuel. Elle prend la queue de Samuel dans sa main, encore mouillée de Marie, et la branle doucement, deux passages, trois.
— Tu te retiens bien, dit-elle. C’est bien.
Elle se met sur la pointe des pieds, lui parle dans l’oreille. Voix basse, tout près, son souffle chaud contre le tympan.
— Maintenant tu vas faire ce que je t’ai dit sous l’eau. Tu vas me la mettre dans le cul.
Elle laisse passer un silence.
— Je n’ai jamais voulu de personne d’autre pour ça.
Elle s’écarte. Elle se penche en avant, paumes à plat sur le banc, à côté du corps de Marie qui repose, et elle écarte les jambes. Elle cambre. Les fesses pleines remontent, s’ouvrent un peu d’elles-mêmes par la cambrure, et entre les fesses, plus haut que la fente luisante qui dégouline déjà d’avant, l’anus brun rosé apparaît, fermé, propre, plus petit que ce qu’il aurait cru.
Elle tourne la tête vers Marie, allongée sur le banc à dix centimètres d’elle.
— Marie. Tu te lèves. Tu te mets à genoux à côté de lui. Tu regardes, et quand je te dis tu prends ses couilles dans la bouche.
Marie se redresse sur un coude, sourit, doucement.
— D’accord.
Samuel reste debout entre les deux femmes, queue dure, luisante, la culotte coton blanc tombée sur le banc à côté de la tête tournée de Sarah. Il regarde l’anus offert. Il regarde la nuque de Sarah cambrée.
Il pense : C’est moi le coach, ici. C’est ce qui était écrit sur la porte, en arrivant.
La couleur annoncée
Marie s’est levée du banc. Elle s’est essuyé la bouche, vite, du bout des doigts, et elle est venue s’agenouiller sur le carrelage, juste à côté de la cuisse droite de Samuel. Elle s’est tenue droite, les cuisses serrées, les mains posées à plat sur ses propres genoux, comme une fille qu’on attend.
Sarah, devant le banc, n’a pas bougé. Elle est toujours penchée en avant, paumes à plat sur la serviette, les pieds bien à plat sur le carrelage, écartés. Le dos est creusé, les fesses pleines remontées, l’anus brun rosé visible entre les deux masses, et plus bas, la fente naturelle taillée court qui pend, déjà luisante, qui dégouline d’une matière épaisse jusqu’à la cuisse.
Samuel se place derrière elle. Il pose une main sur le bas du dos, paume à plat, ouverte, comme tout à l’heure pendant le match contre Marie en défense — même geste, même main. Il appuie un peu pour la cambrer encore, et Sarah suit, soulève les fesses d’un demi-centimètre.
— Pas direct, dit Sarah, à mi-voix. Tu prépares.
Il prépare.
Il prend la culotte coton blanc sur le banc, la chiffonne dans la paume, et il se penche d’abord pour passer la langue. Il commence par la fente — il y goûte de plus près que sous la douche, sans l’eau qui dilue, et ça lui revient comme une chose qu’il connaît déjà : sel, acidité, fond légèrement amer, et cette densité de fille pleinement excitée qui ne peut plus mentir. Il en passe deux longs coups de langue, large, plat. Sarah grogne dans sa gorge.
Il remonte. Le pouce écarte la fesse droite. Il pose la pointe de la langue sur l’anus. Sarah a un sursaut court — pas de protestation, juste la peau qui se contracte une seconde, puis qui s’abandonne. Il insiste. Il tourne lentement, en appuyant à peine, et au bout de trente secondes l’anneau commence à céder. Sarah respire plus fort.
— Voilà, souffle-t-elle. T’es doué.
À côté, Marie est restée à genoux, paumes sur les cuisses. Elle regarde. Elle ne fait rien, pas encore. Elle a la respiration courte, les pointes de seins dures, et la main droite qui descend, sans qu’elle s’en rende compte, vers son propre bas-ventre.
— Pas toi, dit Sarah sans la regarder. Toi tu attends que je te dise.
Marie remonte la main aussitôt sur le genou. Elle obéit comme on a obéi à la maîtresse d’école.
Samuel se redresse. Il a la queue lourde, dure, qui pend. Il prend deux doigts, les plonge dans la fente de Sarah pour récupérer la mouille épaisse qui coule, et il en étale tout le long de la queue, du gland à la base. Il en prend encore. Il en met sur l’anus. Il en met dans, avec un doigt d’abord, lentement. Sarah laisse entrer. Elle a fait ça souvent.
— Tu me préviens quand tu pousses, dit-elle.
— Oui.
Il pose le gland contre l’anneau. Il pousse, très lentement. Sarah respire à fond, deux fois, expire en grognant, et l’anus s’ouvre. Le gland passe. Sarah a un cri court, sec, plus de surprise que de douleur. Il s’arrête. Il attend. Elle se réorganise — il sent les muscles autour de lui qui se détendent par paliers, qui s’élargissent. Il avance. Centimètre par centimètre. Il s’enfonce de moitié, attend, repart, jusqu’à être au fond. Sarah a la tête qui pend en avant, les cheveux mouillés qui balaient la serviette du banc.
— Bouge.
Il commence à aller et venir. Court d’abord. Trois centimètres de course, ni plus. Il sent l’étroitesse, plus serrée que tout ce qu’il a connu cette saison, plus serrée que ce que Marie lui a donné dix minutes plus tôt — un autre type d’étroitesse, plus tendu, plus chaud aussi. Sarah grogne à chaque retour, un son bas, content.
— Plus profond. Plus large.
Il obéit. Il rallonge la course. Il prend les deux hanches de Sarah dans les mains, les empoigne franchement, et il commence à donner des coups vrais. Le bruit change tout de suite — peau contre peau, mat, qui résonne dans le vestiaire vide, et le souffle de Sarah qui sort en saccades à chaque retour.
Sarah tourne la tête sur le côté.
— Marie.
Marie redresse la nuque.
— Sous lui. Sous nous. À plat dos, tête entre les pieds.
Marie s’allonge. Elle se glisse au sol entre les pieds de Samuel, dos contre le carrelage froid, tête juste sous le bassin de Samuel et le bassin de Sarah qui pendent au-dessus d’elle. Elle a le visage à dix centimètres de la chatte de Sarah qui dégouline, et à cinq centimètres des couilles de Samuel qui tapent, à chaque coup, la fente de Sarah par-dessous.
— Bouffe ce qui passe, dit Sarah.
Marie ouvre la bouche. Elle ne sait pas par où commencer. Elle commence par la fente de Sarah qui pend juste au-dessus d’elle — elle lève la tête, la prend en bouche, lèche large. Sarah a un grognement plus grave. À chaque coup de reins de Samuel, la fente de Sarah descend un peu plus sur la bouche de Marie, qui doit garder la nuque cambrée pour ne pas perdre.
Et entre deux passages, Marie tourne la tête, attrape une couille, l’autre, les met dans la bouche, les lèche, lèche aussi le bas de la queue qui ressort de l’anus de Sarah, brillant, glissant, et y revient. Elle a tout ça à la fois, sans plan, et elle s’organise toute seule, et Samuel sent au passage la langue de Marie qui passe sur sa propre queue à la base à chaque retrait — il sent même, deux fois, la lèvre supérieure de Marie qui touche l’anus de Sarah autour de lui.
Il pense : Cette gamine, je ne sais plus qui je l’ai prise pour avant ce soir.
Le rythme monte tout seul. Samuel pousse plus fort, Sarah grogne plus fort, Marie continue de bouffer en dessous sans jamais protester. À un moment Sarah lâche le banc d’une main, plonge le bras entre ses propres cuisses, et se met à se branler la chatte par-dessous avec deux doigts, vite, sec. Marie reçoit la main de Sarah dans la bouche en plus du reste, et lèche entre les doigts. Sarah claque la langue.
— Plus fort, Coach. Tu te retiens encore.
Il claque. Une claque, à plat de la paume, sur la fesse droite. Sarah a un sursaut — fente qui se resserre brutalement autour de lui — et un cri qui ressemble à un rire.
— Encore.
Il claque l’autre fesse. Il claque encore la première. La peau rougit en seconde, en bandes longues. Sarah se cambre plus, ouvre plus, baisse la tête plus bas. Elle ne dit plus rien. Elle a juste les épaules qui tressautent à chaque coup.
Marie, en dessous, jouit la première — sans qu’on s’en occupe, sans qu’on la touche. Elle s’est remise à se branler en aveugle, la main droite entre ses propres cuisses, pendant qu’elle continuait de bouffer. Elle jouit les yeux fermés, dans la chatte de Sarah, en serrant les dents pour ne pas crier dans le dos d’un orgasme dont personne n’avait demandé la permission. Sarah le sent — la bouche qui se crispe, la langue qui s’arrête. Elle a un petit rire dans le ventre.
— Ah, c’est mignon.
Sarah jouit ensuite. Pas sur le visage de Marie cette fois — sur la queue de Samuel. C’est la chatte qui se contracte d’abord, secousses très nettes que Marie reçoit en plein visage. Puis l’anus, juste après, qui se referme sur Samuel par vagues — trois, quatre, cinq spasmes serrés. Sarah a un long râle, une seule note, qui tient.
Samuel ne tient plus.
Il pense : Maintenant ou je me casse en deux.
Il prévient en grognant. Sarah l’entend, anticipe, se cambre encore plus pour qu’il puisse pousser au fond. Il pousse. Il jouit dans le cul de Sarah à grands jets, en grands coups de bassin lents, longs, qui se vident — il sent le foutre qui s’étale là-dedans, qui remplit, et Sarah qui le serre encore par paliers à chaque jet, qui le presse pour tout en sortir.
Quand il finit, il tient quelques secondes immobile, encore enfoncé, le souffle court. Puis il recule. Doucement. Le gland sort, la queue sort, et derrière, l’anus de Sarah reste un peu ouvert deux secondes, le temps qu’une coulée épaisse, blanche et translucide, descende lentement le long de la fente, jusqu’à pendre en filet.
Le filet va tomber sur le visage de Marie qui n’a pas bougé.
Marie ouvre la bouche. Elle reçoit. Elle lèche ce qui coule, lèche la fente de Sarah qu’elle nettoie en remontant vers l’anus, lèche l’anus lui-même, et elle redescend chercher le reste sur la queue de Samuel qui pend juste au-dessus d’elle, brillante, encore raide, qu’elle prend en bouche pour la nettoyer aussi.
Sarah se redresse. Elle a les jambes qui tremblent un peu. Elle s’assoit sur le banc, à côté de la place où Marie était allongée tout à l’heure, et elle reste là deux secondes, les coudes sur les cuisses, à reprendre son souffle. Marie sort de sous Samuel, se redresse, vient s’asseoir contre la cuisse de Sarah, sa joue posée sur le genou de l’autre, comme une chatte.
Samuel reste debout entre les deux. Il regarde le banc. Sur le banc, à côté de la hanche de Sarah, il y a la culotte coton blanc, mouillée, plissée, posée à plat. Il la prend. Il la regarde une dernière fois — la trace au milieu, plus marquée maintenant, plus humide. Il l’essore une fois entre les deux poings, sans serrer trop, et il la plie en quatre, méthodiquement.
Il se penche, ramasse son short de coach par terre. Il glisse la culotte dans la poche arrière. Il tape la poche du plat de la main, pour que le tissu se loge bien.
— Celle-là, dit-il, c’est la mienne maintenant.
Sarah lève les yeux. Elle a un demi-sourire, fatigué, satisfait. Elle hoche la tête.
— D’accord, Coach.
Marie sourit aussi, contre le genou de Sarah, sans rouvrir les yeux.
Samuel se rhabille lentement. Il enfile le boxer, le short par-dessus — il sent contre la fesse droite, à travers la couture de la poche, le tissu plié, encore tiède de la douche. Il met le tee-shirt. Il chausse les baskets sans se baisser jusqu’aux lacets.
Il s’arrête à la porte. Il pose la main sur la poignée, et sans se retourner :
— Mardi prochain, dix-neuf heures. Soyez à l’heure.
Il ouvre. Il sort dans le couloir.
La porte se referme derrière lui sur deux rires de filles, brefs, étouffés, qui tombent presque tout de suite.
Dans la poche arrière, la culotte tient chaud.